Souad, surdouée aux multiples facettes !

Souad est une jeune femme douce et sensible. Dans cet entretien, elle nous explique le sens symbolique qu’elle donne à son travail et comment l’art peut-être le vecteur de la construction de soi.

Créer et inventer participent au progrès et à l’évolution. Merci pour ce précieux entretien Souad.

D’où vient ta passion pour la mosaïque Souad ?

Je suis une passionnée d’art, dans son intégralité ! Du paysagisme à l’architecture !
La Mosaïque n’a jamais été pour moi un but en soi. J`ai commencé à en faire par simple curiosité, il y a un an environ, suite à un voyage en Roumanie où j`ai rencontré un peintre des plus généreux.
N’étant pas très douée en peinture, il m’a fait partager sa passion et m’a donné envie de partager mon imagination.
Il restait un peu de matériel qui traînait car mon petit copain en faisait et je suis allée vers la mosaïque quasi instinctivement.
Pour créer une mosaïque, j’utilise le carrelage. Le matériel est plus compliqué à manipuler mais cela me plaît d’atteindre le même objectif que mes voisins avec différents matériaux.

Les petits fragments d’émail, de pierre etc. s’assemblent au gré de ton esprit pour raconter une histoire ? Faire passer une émotion ou rendre une figure belle et esthétique ?

J’utilise souvent des miroirs comme fond de travail.
Je suis fascinée par le miroir depuis toute petite.
L’effet miroir qui exprime : « tu me ressembles, je t’aime ! ».

Nous sommes une famille de huit enfants et ma mère a eu sept frères et sœurs.
J’observe la fratrie et surprend souvent l’un, voulant ressembler à l’autre pour s’identifier.
Me concernant, j`aime me retrouver dans les yeux d’un animal.
Ma mère et moi nous ressemblons comme deux gouttes d`eau ! Et souvent, je l’ai entendu dire : « n’est-elle pas moi en plus petite ? ».
Les autres sont bien sûr stupéfaits par cette ressemblance !
Ma mère est une belle femme, je n’ai donc pas à me plaindre. Malgré cela, j’ai toujours été très mal à l’aise. Alors en grandissant, j`ai mis des limites à ces remarques sur notre ressemblance.
Et aujourd`hui je passe pour la fille la plus révoltée de notre famille !

Une petite anecdote : j`habite le rez de chaussée d’un immeuble et je laisse souvent la fenêtre ouverte. Cette rue est très passante et presque 70% des personnes regardent à l’intérieur de chez moi. Bon, ça va un moment, mais ça me monte vite à la tête !
J’avais un miroir d’une taille assez massive mais pas suffisamment beau pour être volé. Je l’ai mis devant ma fenêtre et dorénavant, si les passants veulent se mêler de mon jardin privé ils ne verront que le leur !

Quel serait la plus grande mosaïque de tes rêves ?

Celle de mes deux petites Amours de chats ou une reproduction de nature.

J’ai remarqué beaucoup de soleil et de lumière dans tes créations. Certaines me font penser aux vitraux. D’où vient cette énergie lumineuse ?

Dieu a une place importante dans ma vie. Quand j’étais enfant je croyais qu’il pouvait m’entendre lorsque je parlais. Alors, il est devenu mon ami imaginaire. Je trouve rassurant et flatteur que vous perceviez ces lumières dans mes créations car je suis encore cet enfant qui croit qu’il n’est jamais loin.

A tous nos amis surdoués qui assemblent des morceaux de vie plus ou moins joyeux. Que leur faut-il, de ton regard de mosaïste, pour rendre l’ensemble cohérent ?

D’un point de vue personnel et du regard de mosaïste que je suis, je dirais que recoller les morceaux donne aussi un résultat. N’ayez pas peur de  corriger le passé dans le cadre du possible. Et je leur dis : « Restez vous-même, il n’y a pas plus beau reflet que celui-ci ».

Maintenant, je vous laisse découvrir les magnifiques mosaïques de Souad. 

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Une petite histoire des contes Zen pour finir

Le miroir magique

Iriku avait beaucoup aimé son père. Aujourd’hui, le vieillard avait rejoint les ancêtres. Souvent, quand il tressait un panier de bambou, Iriku songeait : « Si mon épouse n’avait eu tant d’aversion pour mon honorable père, il aurait été plus heureux dans ses vieux jours. Je n’aurais pas hésité à lui manifester mon affection, mon respect filial. Nous aurions eu de longues et douces conversations. Il m’aurait entretenu des gens et des choses du passé … » Et une mélancolie le prenait.

Un jour de marché, Iriku le vannier écoula son lot de paniers plus rapidement qu’à l’ordinaire. Il se promenait un peu désoeuvré parmi les éventaires, quand il remarqua un marchand chinois, qui offrait souvent des objets étranges :
« Approche, Iriku, dit le marchand, j’ai là quelque chose d’extraordinaire. »
Et, avec un air de mystère,il retira d’un coffre un objet rond et plat recouvert d’une étoffe de soie. Il le plaça entre les mains d’Iriku, et avec précaution, il fit glisser l’étoffe. Iriku se pencha sur une surface polie et brillante. Il reconnut l’image de son père, tel qu’il avait été au temps de sa jeunesse. Bouleversé, il s’écria : « Cet objet est magique ! »
– Oui, dit le marchand et sa valeur est grande !
Mais la fièvre avait saisi Iriku : « Je t’offre tout ce que je possède, dit-il. Je veux ce  »miroir magique » et emporter chez moi l’image de mon père bien-aimé. »
Après un long palabre, Iriku abandonna au marchand toute sa recette de la matinée.

Dès qu’il fut rentré chez lui, Iriku alla dans son grenier et cacha l’image de son père dans un coffre. Les jours suivants, il s’éclipsait, montait au grenier, retirait le  »miroir magique » du coffre; il demeurait de longs instants à contempler l’image vénérée et il était heureux.
Sa femme ne tarda pas à remarquer son étrange conduite. Un après-midi, alors qu’il abandonnait un panier à moitié tressé, elle le suivit. Elle le vit monter au grenier, fouiller dans un coffre, en extraire un objet inconnu, le regarder longuement en affichant un air mystérieux de plaisir. Il recouvrit ensuite l’objet d’une étoffe et le rangea avec des gestes amoureux. Intriguée, elle attendit son départ, fit glisser l’étoffe de soie, regarda et vit : « Une femme ! »
Furieuse, elle descendit et apostropha son mari : « Ainsi, tu me trompes en allant contempler une femme dix fois par jour dans le grenier ! »
Mais non ! fit Iriku, je n’ai pas voulu t’en parler parce que tu n’appréciais guère mon père, mais c’est lui que je vais voir, et cela apaise mon coeur.
– Misérable menteur ! Vociféra la femme. J’ai vu ce que j’ai vu ! C’est une femme que tu as cachée au grenier !
– Je t’assure …

La dispute s’envenimait, devenait infernale, lorsqu’une nonne mendiante se présenta à la porte. Le couple réclama son arbitrage. La nonne monta au grenier, revint et elle dit:
« C’est une nonne ! ».

« Tout le malheur des hommes vient de ce qu`ils ne vivent pas dans le monde, mais dans leur monde »

Heraclite.

Propos recueillis par Stéphanie Del

Stéphanie Célia R. : une surdouée dont l’amour est le pouvoir !

Stéphanie est une coquine ! Elle a dérobé à mon insu quelques questions des portraits précédents. Belle idée Stéphanie ! Nos lecteurs pourront comparer les réponses.
Après cette soif de liberté bien méritée, je vous laisse découvrir le portrait de Stéphanie : une jeune femme pleine de talent.

Peux-tu me parler un peu de toi Stéphanie ?

Je suis infographiste, parisienne, et j’ai 36 ans. J’ai appris ma douance il y a 3 ans. C’était une (re)naissance, je suis donc presque nouveau-né !
J’ai toujours dessiné, dès mon plus jeune âge. Un « don », comme on dit. Mais très vite l’écriture m’a obsédé : je voulais devenir écrivain. J’écrivais des comics que je dessinais, des poèmes humoristiques narrant nos aventures à ma soeur et moi-même…
Je réécrivais les scénarii de mes séries animées préférées, je m’y invitais en héroïne amoureuse de mes héros. Je vivais sur le papier mes fantasmes de petite fille.
J’ai toujours attendu la trentaine avec enthousiasme, c’était sans doute prémonitoire. Je vois du symbolique un peu partout, c’est plus fort que moi !
Je suis une artiste touche à tout : j’ai chanté en semi-pro, fais du théâtre, je peins et sculpte, et si je le pouvais, je ne ferais que ça. Créer, créer, créer. C’est ce qui me rend vivante. Me ramène à l’essentiel, panse mes plaies et m’aide à prendre du recul…

Espoir ou Sookie rêvant à Bill le vampire :
Dessin au crayon, encrage puis scan et mise en couleur avec photoshop.
C’est le dernier que j’ai réalisé. J’étais malade, cloitrée chez moi, je ne pouvais que lire ou dessiner… Après avoir lu TrueBlood, j’ai eu envie de dessiner les personnages du roman qui m’inspiraient… Ici, Sookie l’héroïne qui se sèche les cheveux en pensant à Bill le Vampire, son amoureux.
Hors du cadre du roman, je trouve qu’elle est lumineuse, et pleine d’espoir, elle pense à la journée qui l’attend et elle est plutôt positive.

Quelles étaient tes impressions sur le monde lorsque tu étais enfant ?

J’avais l’impression que les adultes ne prenaient que de mauvaises décisions ! J’entendais leurs problèmes, je trouvais que les solutions étaient évidentes, rapides et simples ; ils agissaient souvent à l’inverse. J’avais hâte d’être plus âgée sans doute aussi pour cette raison : je pourrais faire mes propres choix !
Mais j’étais surtout une petite fille rêveuse qui s’imaginait en princesse à la moindre occasion ; je transformais les évènements de ma vie en conte, tout m’émerveillait. J’adorais flâner dans la campagne, je passais des heures dans la forêt à côté de chez mes parents, je me racontais des histoires. La contemplation des choses du monde suffisait à me rendre heureuse, je trouvais que la vie avait quelque chose de magique…

Astro : Cancer, Poissons, Verseau, Vierge et Lion : Dessin au crayon, encrage puis scan et mise en couleur avec photoshop. J’aime bien l’astrologie même si je n’y crois pas réellement. Moi, je suis avant tout surdouée, Poissons ascendant Lion, c’est pour faire joli ! Mais ça donne des idées, on peut y lier un caractère, des couleurs, des attitudes, et ça, pour la création de personnages, c’est génial ! J’ai mis mes préférées.

Quels sont les côtés positifs de ta douance ?

De façon générale, mon imagination est le plus beau cadeau de cette douance.
Au quotidien, ma foi, je crois que c’est une immense générosité et des élans d’amour pour les gens. J’aime les gens pleinement et sans retenue. Je pense d’ailleurs utiliser cette générosité pour aider davantage mon prochain, en faire peut-être un métier. Ca donnerait un sens à ce qui je suis, et à mon histoire aussi.
Je dois cependant avouer que je suis encore sous le coup de la nouvelle. L’apprendre a expliqué tant de choses. Le décalage avec mes contemporains, cette sensibilité parfois handicapante, ça a été la réponse à tant de questions, de malaises, d’incompréhensions. Ça m’a apporté une colonne vertébrale. Depuis, je (re)construis ma vie en fonction, et ça n’a plus rien à voir. Je suis moins dure avec moi-même et donc plus libre. J’aime mieux, et je communique aussi davantage. Je me laisse aller à être moi-même.

Star Wars :
Travail à la mine de plomb.
En bonne geek que je suis, j’adore StarWars ; alors forcément, je me suis créée une héroïne qui évolue dans cet univers. Là, elle est pensive, elle est amoureuse. De temps en temps, les temps sombres où son monde est plongé, elle se laisse aller à rêver…

Quelle autre vision du monde peut apporter une personne surdouée par le biais de l’art, à ton avis ?

L’art transcende toutes les émotions à mon avis. C’est la part de rêve auquel tout le monde a droit. En chaque peinture, dessins, sculpture, musique, film, etc., chacun a la liberté d’y voir ce qu’il veut ; en faisant appel à son univers personnel de sensations, d’émotions, de spiritualité même. Et c’est l’artiste qui offre ce pont vers ce monde intérieur, tel un guide.
C’est pourquoi toute composition a son public. Quelque soit l’oeuvre, il se trouvera toujours quelqu’un pour vibrer.
J’ai le sentiment que beaucoup d’artistes sont surdoués – mais c’est peut-être parce que j’ai l’impression d’en voir partout ! J’aime lire les biographies de ceux que j’admire. Ainsi, Hemingway, Rimbaud, Lynch, Schiele ou encore Warhol m’ont semblé proches dans leurs démarches artistiques et leur rapport au monde. Mais est-ce vraiment important ? L’important c’est qu’ils aient tous apporté une vraie vision personnelle du monde, offerts d’autres alternatives au quotidien.

Regardes-tu encore le monde avec tes yeux d’enfant ?

Ma grande naïveté et ma jeunesse d’esprit me font dire que oui… Je vois encore ma vie comme une aventure romanesque.

C koi l’Amour ? : Dessin au crayon, encrage puis scan et mise en couleur avec photoshop. J’ai développé quelques illustrations sur ce thème, et j’y reviens dès que j’en ai envie… C’est un thème infiniment dense. Je me sers de publicité ou de photos de mode que je trouve intéressantes à exploiter dans la composition.

Quels sont les messages que tu souhaites faire passer par la peinture et par l’écriture ?

La beauté et la magie sont partout, ouvrez les yeux !
Par l’écriture, j’aime parler de quête, de vies en mouvement, qui évoluent et apprennent. C’est ce que je préfère raconter et pousser la psychologie des personnages. Mais je n’aime pas trop les happy ends étrangement… Souvent, à la fin, mon héros – souvent une héroïne d’ailleurs – plus mûr, sait que de nouveaux obstacles surviendront. Que sa vie ne sera jamais un long fleuve tranquille. Parce qu’il a un destin superbe et funeste à la fois. Il doit l’accepter.
L’art pictural est davantage une façon de m’exprimer pour exorciser mes démons. C’est sans doute pour cette raison que j’ai toujours eu du mal à exposer. Sur chaque peinture ou illustration, il y a un souvenir, une époque de ma vie, des sensations, des douleurs, des joies, des questions, parfois mêmes des odeurs…
De temps en temps cependant, certaines créations me semblent moins sombres et reflètent une harmonie de couleur ou de composition qui mérite d’être partagées ; parce qu’elles sont lumineuses ou évoquent une situation positive, une quête qui suscite l’espoir.

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Vampire :
Travail à la mine de plomb.
J’adore les vampires… Le fantastique, depuis toujours. J’ai sous le coude une tripotée de nouvelles sur le sujet et le roman de ma vie aussi… Peut-être qu’un jour je le laisserai « vivre », être lu par d’autres, comme on laisse un enfant quitter la maison et faire sa vie.

Et si l’adulte douancé était un guide pour l’autre ?! Quel(s) héritage(s) pourrait-il laisser ?

Je crois sincèrement que l’adulte surdoué peut être un guide. A condition qu’il ait trouvé son équilibre bien sûr. Quant à l’héritage qu’il pourrait léguer, je dirais L’Amour. Un amour inconditionnel, serein et sain. De ceux qui font grandir. Cette capacité à aimer de manière inconditionnel, lorsque l’on est en confiance, c’est en partie ce qui nous rend hors norme. Personnellement, on m’a tellement dit « aime moins, tu aimes trop ». Et si c’était cette façon-là d’aimer qui était la bonne ?

Dans ce monde sans empathie pour son prochain, l’adulte surdoué pourrait montrer la voie. Montrer que l’on peut vivre autrement. Economiquement aussi : changer le système actuel, proposer une alternative, plus soucieuse des plus démunis.
C’est complètement utopique, sans doute, mais j’y crois, il suffit de commencer. Autour de nous, dans le quotidien. Rien qu’un sourire ou deux mots échangés. Ca ne change pas une vie, mais ça peut embellir une journée.

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Les fusains : Fusain et craie blanche.

C’est plus sombre, forcément, mais le sujet aussi. Ca tourne autour de la magie, du mystère, de sabbats. C’est ma théorie des sorcières, avec des chats inquiétants, des chevaux fous…

Et si il ne te restait qu’un seul mot à partager avec le monde, tu choisirais lequel et pourquoi ?

Bienveillance. Pour soi et pour autrui.
Et puis « Continuer ». A aimer, vivre, prendre des claques, et recommencer. La vie mérite d’être vécue.

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Chun Li :
Dessin au crayon, encrage puis scan et mise en couleur avec photoshop.
C’est un de mes personnages de jeu vidéo préféré : dans un monde d’homme elle se bat et n’est pas à sous-estimer. Tout l’esprit de mes héroïnes ! Sur cette illustration, elle se sert de son Chi pour se battre. Je trouve qu’elle est forte et gracieuse en même temps… C’est ce que je voulais montrer : la force, le courage, la virilité même, ne sont pas les apanages du masculin ; sans perdre de son essence féminine, c’est une guerrière indépendante.

Bravo Stéphanie ! Toute l’équipe est admirative et fière de toi ! Un grand merci pour ta confiance !

Arnaud Fiocret, un surdoué passionné !

Arnaud est un garçon passionné, je ne pourrais trouver d’autre qualificatif pour le raconter. Il souhaite nous faire découvrir, avec sensibilité, douceur, élégance et connaissance ce beau Pays de Bray si cher à son coeur, là où tout commence…

Quel est ce beau Pays de Bray dont tu souhaites nous parler
Arnaud ?

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Le Pays de Bray est un territoire d’au moins 750 km2 situé à cheval entre le département de l’Oise (Région Picardie) et le département de la Seine-Maritime (Région Haute-Normandie). La majorité de sa surface appartenant à la Haute-Normandie, on pourrait résumer rapidement ce territoire comme la Normandie. Toutefois, ce serait une très grave erreur qualitative d’en limiter sa description à un si banal intitulé car la Normandie dans son ensemble est très justement découpée en deux régions (la Haute et la Basse) possédant chacune ses spécificités. La Haute-Normandie pour ne parler que d’elle serait incomplètement décrite si on faisait l’impasse sur les différents « Pays » la morcelant. Pays de Caux, Pays du Vexin Normand, Pays Drouais, Pays de Bray,…Très exactement 15 « Pays » constituent la seule région Haute-Normandie. Quand je vous parle du Pays de Bray, il s’agit donc d’une Normandie bien spécifique dont je suis venu vous parler, une Normandie d’hommes de la terre avant tout, l’un des « Pays » les plus étendus de la région Haute avec pour voisin direct, le Pays de Caux, plus au Nord et ouvert sur la mer que notre chère Raymonde Hazan connait plus particulièrement pour sa magnifique côte d’Albâtre où elle aime s’y ressourcer régulièrement.

Le Pays de Bray est particulièrement reconnu pour son terroir dont les matières premières sont bien évidemment le lait et la pomme. La plus belle des histoires, fondatrice du Pays de Bray, se résume en un fromage que je consomme régulièrement : le coeur de Neufchâtel-en-Bray (produit d’appellation d’origine contrôlée depuis 1969). De part son nom, vous l’aurez sans doute compris, le fromage est réalisé au lait cru dans un moule en forme de coeur. Il peut constituer une excellente idée pour déclarer subtilement votre flamme à une femme ou à un homme dans le cadre d’un repas champêtre. En tous les cas, il m’est arrivé d’exploiter cette idée plusieurs fois en direction de mes quelques émotions affectives et la délicatesse du message fut toujours très appréciée par la réceptrice. Selon la légende, le coeur de Neufchâtel serait une invention féminine ; De jeunes femmes, durant la guerre de Cent ans, auraient moulé des fromages en forme de coeur pour déclarer leur amour à de jeunes anglais. Depuis, le fromage demeure l’emblème de ce « Pays ». Quant à la pomme, elle est utilisée principalement pour l’élaboration de cidres de grande qualité, bénéficiant également d’une grande renommée sur le territoire francophone.

Image WIKIPEDIA - Licence libre d'utilisation

Pour le photographe que je suis, grand amateur de bovins et de paysages rustiques, le Pays de Bray est exceptionnel. Dès les premiers pas en ce secteur depuis les limites de l’Oise (60), en s’y rendant depuis chez moi, les paysages changent et l’invitation au rêve commence. De nos jours où le bitume ronge de plus en plus les espaces verts pour assurer le logement de nos concitoyens, les territoires sauvages de notre vieille France se font de plus en plus rares. A chaque fois que je me rends en Pays de Bray, j’ai cette joie profonde de pouvoir retrouver à 65 km de chez moi une atmosphère saine et les odeurs d’une primitive nature sauvage titillant jusqu’en les plus infimes particules de mon inconscient.

Photographie - Arnaud FIOCRET

Les étoiles du beau Pays de Bray t’auraient-elles inspirées ?

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Photographie - Arnaud Fiocret

Comme pour beaucoup d’intelligences atypiques pour lesquelles le moule de la conformité apparaît terrifiant, je me suis longtemps cherché une voie (la mienne !) et finalement, est-ce que l’on trouve vraiment définitivement notre voie ? Chercher son domaine de prédilection, le trouver et s’y accrocher quand tant de possibilités d’explorations se présentent à vous, c’est un véritable travail à plein temps au bon milieu d’un réel casse-tête. Nombreux sont les surdoués perdus dans une constellation de projets et parfois d’objectifs fous qu’ils ne réaliseront peut-être jamais par manque de temps mais plus vraisemblablement par naturelle lassitude d’en avoir toujours trop dans la tête. Mon enfance et mon adolescence de surdoué « scanneur » en sont une illustration parfaite jusqu’au jour où la porte s’est ouverte sur le terreau des véritables envies dictées par mon cœur. Perçu par mes frères et sœurs d’infortune comme HPI (Haut Potentiel Intellectuel) plutôt que HPE (Haut Potentiel Émotionnel), je me considère personnellement comme HPC (Haut Potentiel Créatif). Mon intellectualisation des choses n’est pas particulièrement orientée vers l’aiguë compréhension du monde mais la création intempestive de toute nature, même les plus ridicules qui soient. Je n’en fais pas un drame de ne pas toujours tout comprendre mais ne pas pouvoir créer, c’est le désastre intérieur…car créer, c’est tout simplement vital.

Depuis 2009, j’ai trouvé en le Pays de Bray une source intarissable pour mon bonheur d’observer, d’imager la nature et d’offrir du très beau à autrui mais ce ne le fut pas toujours ainsi. Le Pays de Bray n’est que le résultat d’un long processus de maturation personnel s’opérant dès 1988 à l’âge de mes cinq ans avec ma passion pour les volcans. Entre terre et ciel, mon esprit a constamment oscillé au gré des décennies. Depuis 2004, mon esprit de chercheur/scientifique/technicien a peu à peu migré d’une manière toujours plus radicale vers un esprit artistique. La rigueur de la matière scientifique est une chose ; la grande liberté de la matière artistique en est une autre. Mon glissement vers l’artistique n’est pas étranger à l’évolution de la perception personnelle de mon moi. Libéré de mes études techniques et du conformisme des programmes de l’éducation nationale fin 2003, un vent de liberté a soufflé dans mes neurones et j’ai pu me permettre d’être réellement moi, esprit libre de tout système compétitif et formaté. Cette liberté trouvée s’exprime sans doute par mon revirement progressif vers la pleine latitude de l’artistique.

Difficile dans mon profil de chasseur d’images de nature mais également dans ma relation privilégiée avec les taureaux, les vaches et l’agriculture d’y percevoir encore l’astronome amateur de jadis, scientifique miniature en herbe exécutant de rigoureux programmes d’observations, sortant régulièrement son puissant télescope lors de ciels dégagés pour chahuter durant des nuits entières les étoiles, les planètes, les innombrables cratères de la lune, quelques comètes, les nébuleuses et les galaxies dans un froid parfois glacial d’hiver, avec mon simple oeil derrière l’oculaire ou bien avec une caméra CCD. Animal de nuit, je suis devenu aujourd’hui un animal diurne dont le cycle de notre étoile a imposé d’autres règles, d’autres défits, d’autres distractions aussi. Cette transformation marque clairement mon acceptation en le cycle normal d’éveil de la plupart des hommes et de surcroît, ma meilleure socialisation.

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Galaxie M51 des Chiens de chasse - Photographie d'Arnaud FIOCRET

Et sous cette voûte céleste quels sont les trésors qui s’y cachent ?

Sur la voûte céleste, accrochées sur le velours de la nuit, les étoiles scintillent tandis qu’une phase de la lune nous fait parfois un clin d’oeil, en début ou en fin de nuit. Dans l’obscurité, l’être humain n’est plus rien, il est réduit à l’impuissance, il s’efface vers le statu négligeable d’ombre. Lorsque mon regard s’est détourné de cet obscur infini et qu’il a glissé en direction d’une terre s’observant plus avantageusement de jour, l’action de l’homme compte beaucoup et d’autres trésors avec leur lot de désordres, font leur apparition. Sous la voûte céleste, on découvre la misère, la souffrance, la détresse de l’humain mais aussi, heureusement, les plus admirables des trésors offerts par la nature (bovins, flore et paysages) ou le fruit de ce que l’homme aura été capable de confectionner avec ses dix doigts pour encourager l’espérance et la survie (architecture religieuse, machines agricoles).

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Photographie - Arnaud FIOCRET

Le Pays de Bray et toutes mes autres passions m’auront octroyé la possibilité d’explorer les deux horizons de l’existence sur terre : Celui des croyances et celui des connaissances. Aucun des deux ne se doit d’être négligé. J’ai personnellement toujours été un grand admirateur de l’esthétisme des mythes et des croyances en toutes civilisations. Grand passionné d’Egypte ancienne au cours de mon enfance, je m’étais pris d’intérêt pour la lecture et le déchiffrage des hiéroglyphes à partir des authentiques données fournies par Champollion. Plus proche de nous, la liturgie Perse de Mithra pousse à réfléchir, surtout si on s’égare sur les remarquables travaux de psychologie analytique sur l’inconscient collectif dont nous héritons de Carl Gustav Jung. Bien des années avant de m’aventurer à lire Jung, j’ai toujours ressenti quelque chose de très spécial en moi lorsque je mettais mes pieds dans un monument religieux. Vous ne me verrez jamais faire de la « gymnastique » dans une église car j’y perçois presque de l’hypocrisie dérangeante pour mon soucis d’authenticité dans la croyance. Par contre, je n’ai aucune honte à m’égarer sur ma foi profonde en un grand architecte de l’univers et sur le temps non négligeable que je consacre à me perdre dans les monuments liturgiques car ma sensibilité y trouve matière à prospérer philosophiquement, psychologiquement et humainement. Voici pourquoi la plupart de mes photographies d’architecture sont consacrées aux extérieurs et intérieurs d’églises, de cathédrales, de chapelles visitées tout le long de mon périple d’artiste-photographe. Cependant, je n’oublie pas les connaissances notamment apportées par l’astronomie moderne initiée depuis Galilée qui constituèrent les très nombreuses occasions de sévèrement chagriner les belles images idylliques des mythes de la conception du monde sur terre et de la perception de l’Univers tout entier telles qu’avancées initialement par les croyances multi-millénaires. L’homme a besoin de rêves pour exister et lui confisquer les quelques occasions lui permettant d’espérer, de s’évader positivement dans un certain espace féerique me semble toutefois une tentation dangereuse car ne plus croire en rien au nom de la connaissance pure représente également une possibilité d’égarement.

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Rosace de l'abbatiale de St-Germer-de-Fly (Pays de Bray Picard) - Arnaud FIOCRET

En cela, le précepte du pape actuel Benoît XVI est d’une infinie sagesse : « Foi et raison ». Un monde dominé par une foi omniprésente est hostile car au nom d’une croyance aveugle, des peuples se seront déchirés et décimés durant des siècles. Un monde dominé par une raison omniprésente est froid, cartésien, où le pessimisme peut très rapidement tuer toute espérance en un avenir meilleur et on le voit très bien aujourd’hui. Notre monde matérialiste de ces trois dernières décennies découle directement sur la désaffection des églises autorisant la prolifération des sectes laïques. C’est nécessairement de la complémentarité parfaitement équilibrée entre la foi de l’inconscient collectif et la raison d’une rigoureuse connaissance scientifique qu’une société peut se tenir debout, sans dévisser vers un carnage. Les deux extrêmes doivent être écartés. Un livre de croyances est tout autant bienfaiteur qu’un livre de science ou de géopolitique. Les conflits actuellement observables entre les USA + la vieille Europe et les pays de l’extrême-orient ne sont ni plus, ni moins que la manifestation d’une très forte opposition entre l’extrême raison matérialiste des premiers et la foi intégriste, manipulatrice des seconds. Lorsque l’équilibre est rompu entre la foi et la raison, l’être humain devient une machine destructrice infernale. Le maintien de cette sagesse d’équilibre dans tout esprit humain est une garantie de paix durable et l’air de rien, ma pratique de la photographie représente l’occasion de cultiver cette lucidité.

Comment l’adulte douancé peut-il, à ton avis, faire rimer son intelligence, sa créativité et ses connaissances ?

La phrase de Steve Jobs (1955-2011) demeure un phare pour moi : « Votre temps est limité, ne le gaspillez pas à vivre la vie de quelqu’un d’autre. Ne vous laissez pas piéger par les dogmes, c’est-à-dire vivre avec le résultat de la pensée des autres. Ne laissez pas l’opinion des autres noyer votre voix intérieure. Et, le plus important, ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition. Ils savent déjà ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire. Il faut que vous trouviez ce que vous aimez. »

L’adulte douancé doit absolument croire en sa voix intérieure et oser briser la cloche de verre qu’on lui a glissé sur la tête pendant toutes ses années d’enseignement telle une cagoule pour revenir à ses sources les plus primordiales d’un inconscient individuel particulièrement sensible à l’environnement extérieur mais également, c’est le revers de la médaille, en combattre les complexes en tous genres qui s’y logent si facilement pouvant rendre sa vie extrêmement pénible. Certains adultes au fond du trou, cassés par les échecs ou l’incompréhension, n’ont plus conscience de cette lumière intérieure qui pourtant brille encore tel un diamant, quelque part dans leur inconscient car ils ne s’aiment pas. Le surdoué, même isolé, n’est jamais seul. Leur richesse se cache très précisément en ce lieu psychique, fermé à double tour dont ils ont jeté la clé par dépit. Il convient absolument à l’adulte douancé de prendre pleinement conscience de son soi atypique pour l’accepter et s’aimer. De l’amour de lui-même, il acceptera alors de prendre en main sa destinée et de passer à la concrète réalisation de ces projets les plus inattendus, sans plus jamais craindre la désapprobation des autres. Faire rimer intelligence, créativité et connaissances pour un surdoué prend tout son sens lorsque celui-ci parvient à faire accepter ses concepts ou sa vision du monde par son investissement dans un ou plusieurs domaines de créativité/d’expertise dans lesquels il est pleinement maître à bord (l’écriture, la photographie, la peinture, le dessin, les métiers de conseil, les professions libérales, la médecine…). La compétitivité faut-il le rappeler, est très hostile au surdoué.
Il lui faut pouvoir cultiver son monde sans être pollué !

De ton paradis, toujours le pays de Bray, quel message d’espoir voudrais-tu faire passer à tous nos amis surdoués en quête d’eux-mêmes ?

J’ignore s’il me semble légitime de conseiller des semblables car nous avons tous des vécus assez différents (familiaux, scolaires ou professionnels). J’ai eu la chance d’avoir été soutenu par des parents formidables m’ayant accepté dans toute ma différence et de me suivre dans un grand nombre de mes « délires intellectuels » personnels, ce qui contribue à mon épanouissement d’aujourd’hui. Tout bonheur reste une fleur fragile, j’ai conscience qu’il peut s’en trouver entravé ou confirmé de nombreuses manières, notamment en fonction de la personnalité de la compagne avec laquelle je partagerai, je l’espère, un jour ma vie. Il existe un véritable espoir en des jours meilleurs pour un surdoué quand on sait mon chemin initialement parcouru (humiliations, moqueries, agression physique, déscolarisation pendant plusieurs années…). Le surdoué heureux que je suis devenu est le résultat assez logique d’un acharnement personnel à ne jamais me laisser détourner de mes objectifs par des voix négatives extérieures à la mienne. Le surdoué doit apprendre à cultiver un certain égoïsme pour vivre. Le Pays de Bray m’aura motivé, vous le savez désormais très bien, à me mouvoir vers une bonne connaissance des bovins. A force d’observer des vaches, je me suis rendu compte que leur comportement est assez similaire au surdoué. Serait-ce parce-que le surdoué et la vache pensent tous les deux en images ? Je ne saurai être affirmatif mais en tous les cas, la vache est très peureuse mais paradoxalement, elle est également d’une curiosité insatiable par rapport à son environnement. Au moindre détail intriguant, la vache s’enfuit…Mais jamais très loin pour continuer à vous avoir à l’oeil. Le museau en avant, elle renifle la situation. Au bout d’un moment, son extrême curiosité va prendre le dessus si elle considère qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter et trouvera toujours alors en son mystérieux visiteur un détail intéressant pour motiver sa marche jusqu’à lui. La vache oublie vite le danger pour se remettre presque immédiatement en mouvement, je souhaite la même faculté de rebondir vers le succès dans la vie pour tous mes amis surdoués.

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Photographie - Arnaud FIOCRET

Je pense simplement qu’il convient à tous nos chers amis surdoués d’accepter de vivre pleinement leur individualité. Ils ont une passion hors norme ou ils sont simplement seuls contre tous à croire que leurs idées sont justes : Ils doivent chercher les moyens de s’imposer car ils ont très certainement raison. Ils ne seront jamais comme tout le monde, autant intégrer définitivement cette notion dans leur auto-jugement. Trouver des semblables est une expérience rare mais si bénéfique pour justement retrouver l’amour d’eux-mêmes. Autant prendre le parti de rire d’eux-mêmes et de devenir indulgents envers leurs bizarreries en retournant la situation à leur avantage : Un surdoué n’est pas différent des autres mais ce sont plutôt les autres qui sont différents de lui, nuance. Nos amis doivent intégrer que c’est à eux que revient le privilège de tracer les voies nouvelles, d’ouvrir les yeux des autres en relativisant la bêtise humaine de ceux qui ricanent bêtement de leurs suggestions. Prendre des mauvais coups d’une majorité rompue à la simple exécution de procédures linéaires toutes faites est hélas la monnaie courante des innovateurs et de ceux osant remettre en cause des concepts…Se convaincre que les oppositions peuvent vouloir dire être sur le chemin de la vérité est le plus efficace des médicaments pour la confiance en soi ! Personnellement, j’ai intégré ma surdouance comme une mission de vie m’ayant été assignée depuis la naissance d’avoir le pouvoir d’apporter ma part d’inventivité à la société : Je l’accepte donc comme tel, avec les avantages mais aussi les péripéties induites par cette différence de fonctionnement…

Merci infiniment Arnaud ! Avec toi, l’infini prend tout son sens !

N’hésitez pas à contacter Arnaud pour qu’il puisse vous faire partager ses passions toujours infiniment passionnantes, enrichissantes et créatives.

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Le « Pays » de Bray s’étend sur les départements de l’Oise (60), la Seine-Maritime (76) et l’Eure (27).

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Jacques V. Peintre et Ecrivain surdoué. Une rencontre émouvante…

Je suis heureuse de vous présenter Jacques ! Un grand monsieur qui saura vous toucher en plein cœur.

Bravo et merci Jacques ! Une rencontre comme je les aime : belle et naturelle.

Merci également à Nadine du site “Planète surdoué” qui a permis cette nouvelle rencontre et cet échange.

Honneur à l’artiste !

Étiez-vous intéressé par la peinture et l’écriture lorsque vous étiez enfant Jacques ?

Oui tout à fait, enfin, …

Chronologiquement, j’ai d’abord ressenti vers le CE1 – CE2, de ce dont je me souvienne, l’incapacité à entrer dans un groupe d’amis, à pouvoir me lier d’affection avec mes camarades, à l’école, comme à l’extérieur, je n’aimais pas leurs activités, leurs jeux, leur monde, leurs cris, le bruit.
J’étais très contemplatif, et tourné vers la nature.
Puis ce fut les sensations de basculer dans une nécessité pressante, celle de prendre mes distances, de me mettre de coté, pour y être tranquille, et ne plus avoir à être celui qu’il fallait que je sois, pour faire parti de leur groupe.

C’est alors que les livres ont commencé à m’envahir, ceux qui me tombaient entre les mains s’en trouvaient avalés, de ces fades collections rose, verte, rouge et or, qui très vite m’ennuyèrent fortement. Je plongeai donc à corps perdu dans les livres de grands ! en entrant au collège, puis les classes s’en furent tandis que nombre d’auteurs s’en vinrent me subjuguer ; de fait ma marginalisation s’intensifiant, je dévorais les écrits et lisais presque tout le temps, en classe, en récréation, sur un banc, en bibliothèque où je me sentais en famille, au milieu de tous ces ouvrages, en mangeant, et caché sous mes draps tard le soir avant de m’endormir ma lampe de poche à la main.

Parallèlement, l’écrit m’est apparu comme incontournable, la nécessité d’exprimer par les mots ce que je n’échangeais pas avec les autres, et ceci ne fit qu’augmenter plus les années passèrent, surtout de la classe de cinquième jusqu’en terminale, puis en faculté de Lettres. Plus j’écrivais, plus je ressentais le besoin d’écrire.

De retour du service militaire, choqué et traumatisé par ce que j’y avais subi, mes orientations littéraires, picturales et culturelles s’en trouvèrent intensifiées et étendues, par la religion, la philosophie, l’Antiquité, l’architecture, la politique, l’ethnologie, les musiques modernes, classiques, l’opéra, le cinéma d’auteurs, la photographie, la danse, mais aussi, et c’était nouveau pour moi, l’intérêt pour des matières proches des sciences …
La plupart de mes quelques amis étaient plus âgés que moi, puis par la suite vraiment bien plus avancés en âge, pour aller chercher dans leurs souvenirs émus, les récits de l’histoire d’un passé dont souvent je doutais.

Quant à la peinture, c’est au lycée que j’ai gouté avec délices aux pages d’une encyclopédie, puis visité des musées, admirer des livres d’Art, et m’intéresser à l’histoire de l’Art pour avancer, comprendre, et me noyer dans cette soif torride d’appréhender les formes, les couleurs, le mouvement, l’émotion.
Mais je n’ai franchi le pas qu’après des années de tests, de doutes mêlés d’envies, d’un mode d’expression complémentaire à l’écrit, pour enfin vraiment m’enfuir par la peinture à vingt huit ans en figuratif, puis admirer l’Art Moderne, et me jeter dans l’Abstraction, où reste toujours captivé par la totale liberté créatrice qu’elle offre, en dehors des codes et des académismes.

Regardez-vous encore le monde avec vos yeux d’enfant ?

Tout à fait, et j’espère garder ces yeux le plus longtemps ouverts, comme les passions et les révoltes qui m’animent en me gardant vivant et alerte, sachant qu’on peut me voir comme un passéiste, un ringard, un réactionnaire, ou les trois ! peu m’importe, je ne suis pas le premier à penser de la sorte, le présent pleure déjà les manques du passé, que l’avenir viendra confirmer en termes de qualité esthétique et culturelle.

Oui, une certaine candeur est encore là en moi, mais souvent à y repenser, je ne crois pas avoir vraiment eu d’enfance, en tout cas pas celle que mes camarades ont pu vivre, car j’ai fuis leur enfance ou je m’ennuyais, à huit ans j’eu la chance de partir pour la première fois, sans mes parents, faire un voyage en Angleterre en immersion, puis bien d’autres voyages suivirent, et furent aussi, des vecteurs puissants pour m’inviter à l’ouverture et à la découverte de la différence des cultures et des personnes.

Aussi j’ai conservé et développé, frénétiquement, bien sur encore aujourd’hui, quotidiennement, ma vie par l’amour, l’émotion, les Arts et la culture, comme ma nutrition vitale en reflet de ma créativité.
Eclectique et très sensible à l’esthétique et la beauté, comme face aux sublimes merveilles de la nature et du monde animal, je garde encore une complète croyance et des espoirs (dont beaucoup se moquent et trouvent bêtement naïf, ce dont je n’ai que faire) en un juste retour à l’Humain vrai, propre, désirant fuir la vie consumériste, dévorante, étouffante, superficielle, égoïste, et suffisante, pour retrouver une vie simple et juste, axée sur l’essentiel utile et nécessaire.

Artistiquement et culturellement, j’étais et persiste accroché à nombreuses valeurs d’un passé, qui m’apparait si souvent plus riche et incontournable, dans les apports que l’on y trouve (et retrouve) continuellement, au point d’y revenir si souvent, pour y venir chercher les éléments qui manquent cruellement à notre époque, ou au moins pour mieux comprendre l’histoire et l’époque actuelle, mais aussi pour espérer en un futur plus juste et renaissant.

Quels sentiments vous a laissé votre première rencontre avec l’art ? 

Ma première rencontre avec l’Art fut parallèle à la découverte de l’amour, j’ai été ému, mes mains transpiraient, mon cœur battait fort, ma tête me tournait, j’étais en apesanteur !
Je suis entré classe d’Art comme en voyage d’amour, j’ai pris le tout, et l’un motiva l’autre simultanément et réciproquement…

La vie m’a vraiment sauté au visage par le biais de la lecture, n’ayant à l’origine de part ma mise en marge, que peu perçu le monde qui m’entourait, je le redécouvris réellement au travers des riches œuvres qui me parlaient un langage auquel j’accédais, alors que je ne parvenais à comprendre celui du monde de la soi-disant « normalité », tout en le fuyant d’ailleurs en simultané.

Ma première rencontre avec l’Art vrai et riche me vint par Tourgueniev, en entrant en classe de sixième, avec son si bel opus : Premier Amour, puis aussi avec l’Etranger de Camus, c’est alors qu’en ces moments j’ai vibré pleinement et pu m’émouvoir de l’excellence du texte, du vocabulaire , du phrasé, et surtout de la stylistique, ce qui ensuite me guida comme irradié vers l’écriture.

Quels sont les messages que vous souhaitez faire passer par la peinture et par l’écriture ?

Tout d’abord j’ai eu beaucoup de mal, à mélanger l’écriture avec les aspects commerciaux qui suivent l’acte créatif, souvent prêtant puis donnant des exemplaires de mon premier livre, car je ne pouvais me résoudre à en demander de rétributions, il m’était bien plus plaisant d’avoir pu apporter mes mots choisis en évasions lettrées, et d’obtenir en cadeaux les émotions de mes lecteurs, puis d’échanger en direct avec eux, en leur joignant une dédicace personnalisée, que d’encaisser une somme d’argent.

Pour les toiles cela n’a pas été le même cas, vraisemblablement aussi en raison du fait que l’écriture est ma forme de créativité première, et que les mots qui viennent construire mes textes ne jaillissent pas du même processus créatif ; les mots, le phrasé, la stylistique, sont pour moi les plus purs éléments de ce que mes émotions et mon mental reflètent de moi ; la chromatique, le mouvement, l’instantané de ma peinture, sont les costumes et le décor qui viennent équilibrer mes écrits.
La création pour moi, (et j’utilise volontairement le terme de création, au regard du sale markéting financier de certains J.Koons ou Murakami, qui croient encore être des artistes, alors qu’ils ne sont que plus de vils marchands opportunistes, qui se moquent de l’Art et du monde au passage) n’est pas un produit de consommation au même titre que d’autres biens comme la technologie ou l’habillement, c’est un espace que j’entrebâille pour ceux qui le veulent investir, afin d’humblement tenter de leur donner le mieux de mes délires et ivresses de nuits à écrire, pour espérer masquer une part des monotonies de leur vie quotidienne, tout en se plaçant dans une volonté de faire passer ses idées, ses vues et réflexions, pour poser ou amener des questionnements, faire réagir, remettre en cause, échanger.

J’aimerai faire donc passer ces quelques messages au travers de mes écrits et de mes toiles :

La différence subie, cachée, étouffée par les autres, est souvent mal vécue par les hpi, parce que négative.
La différence affirmée, revendiquée, assumée, argumentée, est à contrario positive.
La différence n’est pas une volonté de sécession ou de prétentions, elle est, je crois, naturelle chez le créatif hpi et non décidée, ou calculée.

Aussi  » l’autre  » a besoin de stigmatiser le créatif et d’autant plus le hpi, car  » l’autre  » EST aussi de fait, parce que le hpi existe, dans le sens où le hpi est son non-Moi, en dehors de ses codes et de ses frontières ; donc une manière de pouvoir le désigner, le repérer, le mettre de coté, de cette différence dont « l’autre » veut se protéger, qu’il ne connait ou ne veut pas connaitre, et qui lui fait peur puisqu’elle le renvois à sa « normalité ».

En politique ce type d’attitude mène souvent au racisme (là où voir qu’un africain n’a pas la même couleur de peau qu’un européen est aisé, mais ne signifie rien évidemment sur une quelconque différence), et pire à l’antisémitisme (là où les pétainistes firent des expositions pour lister les soi-disant caractéristiques permettant de reconnaitre un juif d’un chrétien, qui pourtant ont la même couleur de peau, cela en amène au sordide et à l’abject).
La xénophobie ou la non acceptation de la différence, n’est que la piètre peur d’être l’autre que soi.
Pour ma part, l’artiste joue de sa créativité sur deux axes principaux : le fond et la forme.

L’un et l’autre, sont à mon avis, totalement indissociables, on ne peut écrire ou peindre dans seul but de rendu esthétique ou esthétisant, ce qui est pire ; il y a au préalable l’âme et la sensibilité ou hypersensibilité du hpi créatif, sa perception des strates, des rêves et des altérations de conscience où il se rend pour ensuite travailler à ses productions.

C’est ainsi, que je laisse constamment et naturellement se réunir ces deux aspects, qui sont complétifs et inséparables, pour apporter autre chose d’indicible, ces petits plus qui j’espère permettent de voyager, de s’en aller perdre vers des lieux insoupçonnés, partir à rebours de soi même, et surtout partager mes émotions avec ceux qui me liront ou observeront mes toiles, des joies et des tristesses parfois si mêlées, puisqu’elles sont l’expression de nous, de nos rêves, et de nos vies propres.

Et si l’adulte douancé était un guide pour l’autre ?! Quel(s) héritage(s) pourrait-il laisser ?

Très souvent je le dis (quand cela est possible) que je n’ai aucune prétention, je ne suis pas prosélyte, je n’oserais jamais dire que je prétend détenir la vérité, d’ailleurs y a t-il une vérité universelle, ou bien des aspects de vérités en certaines personnes et peu ou plus chez d’autres ?
Il n’existe personnellement que ma volonté de parachever au mieux mon ouvrage créatif, et de me donner tant que je le peux, du plus profond du cœur, de ma psyché, dans ma créativité, pour l’offrir ensuite à ceux qui y seront sensibles ; l’émotion que je ressens dans les yeux ou la voix d’une personne ayant aimé mes textes, est le plus beau des retours en terme humain que je puisse recevoir.

D’ailleurs je doute régulièrement, me remets en question, accepte totalement la critique argumentée et constructive, et ne dénigre pas (tous !) les autres, seulement la bêtise, la fatuité, la méchanceté gratuite, l’intolérance, le culte de l’apparence, le vide de certains qui se croient pourtant si plein de creux désertiques, qu’ils en viennent à monter sur des scènes médiatiques préparées à l’avance, ou venir se montrer dans des cénacles parisianistes bien pensants, pour remuer leur plumes et faire la roue, et se donner une contenance qui est bien souvent tant ridicule que pitoyable.

Il est je pense possible, que l’adulte douancé créatif, puisse apporter aux autres, au travers de ses travaux, pour autant qu’il soit accepté tel qu’il est, sans le stigmatiser ou le regarder comme une être difficilement compréhensible.
Faisons d’abord la paix, écoutons nous, puis l’échange pourrait s’instaurer, et le hpi saurait ensuite s’ouvrir et communiquer avec les autres, mais tant d’adultes douancés, non testés dans l’enfance, des années et souvent nombreuses périodes, d’incompréhensions, de rejets, de non acceptation, de perte de repères, d’états dépressifs, de douleurs multiples, de solitudes incomprises, de doutes, ne s’effacent pas si vite.

Car comme on le voit dans l’Antiquité iranienne en – 600 avant J.C, le rôle que le penseur Zoroastre prônait (fondateur du Zoroastrisme et réformateur de l’ancienne religion iranienne le Mazdeïsme), qui n’était ni un prophète ni un intermédiaire entre Dieu et les hommes : la bonne pensée, la bonne parole, la bonne action … On retrouve les mêmes fondements de pensées chez les philosophes du siècle des Lumières, puis chez V.Hugo, F.Nietsche, ou enfin J.P.Sartre : le vrai rôle du philosophe, de l’écrivain, est d’observer ses semblables dans leurs vies et problèmes quotidiens, puis de se retirer au loin dans un endroit calme et/ou désertique, dans le but d’intérioriser et de réfléchir, afin d’ensuite s’en retourner auprès des hommes, pour leur rapporter les fruits de ses réflexions et de ses acquis, afin de les aider à avancer, à se comprendre, à trouver leurs chemins.
C’est à ce titre que la douance est, il me semble, assez proche ce type de pensées.

L’adulte douancé créatif serait, selon moi, un passeur, venant par sa différence, toutes proportions gardées bien évidemment par rapport à ces grands écrivains et philosophes cités plus haut, et surtout sans prétention, hormis ses hautes potentialités spécifiques plus orientées dans tel ou tel domaine, de tenter au mieux de perpétuer une certaine idée de la mémoire culturelle, de par sa créativité et ses œuvres, comme un canal en suivant ce type de procédé de réflexion très ouvert, puis de libres échanges entre l’un et l’autre, en s’insérant pour ne pas les oublier, dans les traces des œuvres de ceux qui firent nos cultures artistiques et humaines, dans les siècles passés, et qui manquent si fort aujourd’hui, aux cœurs de la littérature, de la philosophie, de la peinture, mais surtout aux cœurs des hommes, et dans bien d’autres domaines créatifs, culturels, ou des sciences humaines …

Et si il ne vous restait qu’un seul mot à partager avec le monde, vous choisiriez lequel et pourquoi ?

Vous avez pu le constater dans notre entretien, il m’est difficile de synthétiser, je vous répondrais donc, que je choisirais :

amour, passion, merci.

– Amour : car c’est pour moi le moteur de tout ici-bas, le fondement de tout ce qui nous anime en tant qu’êtres humains, le sentiment le plus fort qui guide et participe profondément, à ce qu’humblement, je reçois et tente de donner au mieux d’abord à mes proches, puis à ceux que j’aime ou/et que j’espère pouvoir aider.

– Passion : car il n’y a pour moi que peu ou pas d’excitation dans une vie sans passion, qu’elle soit amoureuse, humaine ou artistique, mystique ou  engagée, politique, philosophique, sociétaire, je vis dans ces passions qui parfois me veulent dévorer, mais dont aussi j’accepte souvent de l’être, pour ensuite jaillir en renouveau, heureux, presque ivre, et fasciné.

– Merci : d’abord ce mot pour ceux de mes plus proches qui m’ont laissé les aimer, m’ont fait confiance, et que j’espère avoir aimé aussi fort en retour, … ensuite le mot merci pour tous ces êtres qui ne m’ont pas attendu pour partir vers leur dernier voyage, tous ces artistes, ces maitres, qui toujours aujourd’hui bercent mes nuits, illuminant ma vie de leurs puissances suggestives indispensables et sublimes ; que n’aurais-je pu être, exister, et percevoir des Arts sans eux, dont je ne puisse me passer, et dont ils m’ont forgé tel que je suis, j’aurais tant voulu pouvoir leur donner l’accolade et les remercier du plus profond de moi-même, pour tout ce qu’ils m’ont donné et m’offriront encore d’eux même dans le futur, ce tout que je garde comme un trésor inaltérable et irremplaçable.

Voilà, ce n’est que moi et mon ressenti par rapport à vos questions, auxquelles il m’a été bien agréable de répondre, surtout dans le but d’alimenter le débat sur la douance, vu du coté créatif, comme de pouvoir apporter mon humble pierre à faire avancer les choses.
M E R C I …

C’est moi qui vous dit un grand MERCI Jacques. Vous m’avez donné votre confiance et je vous en suis extrêmement reconnaissante.

Maintenant, je laisse à nos chers lecteurs, le plaisir de découvrir vos peintures…

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Peintures ©Jacques V.

Peinture Jacques Varlot : Site 

Futur livre de Jacques : Extraits

Nathalie, surdouée et poète, nous parle d’elle à coeur ouvert

J’inaugure cette série de portraits d’artistes surdoués par ce premier billet qui parle d’une jeune femme sensible et pleine de talent. Elle mérite que l’on s’attarde sur sa fantastique écriture qui vient droit du coeur.

Ainsi, je vous invite à découvrir Nathalie T., surdouée et passionnée par l’écriture. 

Nathalie et moi-même avons passé un agréable moment à parler d’elle et de son art…

Bonjour Nathalie, peux-tu me parler un peu de toi ?

Parler de moi en quelques mots…

Je suis une femme, j’ai 40 ans et vieillir ne me gène pas.

Plus j’avance, plus la vie est belle…

Avec ses soucis, ses contraintes…

Ses bonheurs et ses surprises…

Je prends le positif de chaque chose, de chaque situation.

Tantôt femme, mère, rêveuse, je ne suis pourtant que rarement satisfaite de ce que j’arrive à faire.

Toujours faire mieux, évoluer, apprendre, découvrir, savoir…

J’envisage aussi de donner, je viens de prendre conscience que j’ai sans doute quelque chose à apporter aux autres.

Quelles étaient tes impressions sur le monde, lorsque tu étais enfant ?

Quand j’étais enfant, on disait de moi que j’étais sauvage. Le monde m’apparaissait comme agressif et je sortais les dents dès que je sentais sur moi la lourdeur de sa bêtise. Je passais volontiers une nuit dans l’igloo du jardin ou un temps fou dans mon arbre où personne ne troublait mes rêveries.

J’avais quelques amis, mais très peu. Ma différence d’enfant à part, ainsi que celles de ma famille (adoption, couleur de peau et handicap physique) me plaçait au-delà du quotidien de ceux dont je croisais la route. Il y avait le monde des autres et le mien, intérieur, nourri par le regard.

Quels sont les côtés positifs de ta douance ? (ce qu’elle t’apporte).

Ma douance est restée en sommeil pendant longtemps. Diagnostiquée enfant, mes parents n’ont rien fait pour développer mes capacités. A l’âge adulte, je pensais cette douance perdue. Dès lors, je vivais mal mon hypersensibilité. Après échecs scolaires et professionnels à répétition, mon cerveau et mon ressenti m’encombraient plus que ne me servaient. Jusqu’à ce que je prenne conscience que je n’avais pas changé, juste grandi. Cela fait seulement quelques mois que je renais et je n’ai pas fini cette transformation qui va de l’ignorance de qui je suis au bonheur d’être ce que je suis.

Jusqu’à présent, j’ai tenté de corriger une absence maternelle en consacrant toute mon énergie et mon temps à m’occuper de mes enfants. Poète cherche situation professionnelle !

Comment t’es venue l’idée de créer un blog de poésie ?

J’écris de la poésie depuis toujours. Au fond de moi, je ne suis que poète, une poésie qui se rapproche de la nature et des émotions, une poésie simple mais qui plonge au cœur des choses et des hommes. J’avais besoin de partager mes textes pour avoir un retour sur ce que je suis capable d’écrire, le regard des autres me fait progresser car j’écris pour donner, j’écris par amour.

Quels sont tes auteurs préférés ?

La liste est longue… j’ai découvert Christian Bobin il y a quelques mois. Il est entré en moi en passant par le cœur, ses mots m’ont ému, éveillé. J’aime des poètes comme René Char, Apollinaire. Des écrivains comme Jean Giono et la façon dont il traverse la terre dans ses romans ou Philippe Claudel pour sa manière de saisir l’âme avec les mots. Mais aussi Bernard Moitessier qui a laissé en héritage une vision du monde des plus humaniste.

Quelle autre vision du monde peut apporter une personne surdouée par le biais de l’art, à ton avis ?

Il se peut que chaque artiste soit surdoué puisqu’il voit le monde autrement, je ne peux répondre à cette question. Mais comment évoluer sans art ? Comment trouver les réponses en nous sans les mots, les couleurs, les formes ou les sons qui nous bousculent, nous provoquent, nous évoquent, retracent en nous le chemin originel de ce que nous sommes vraiment ? Si les surdoués survolent notre ère, sans doute peuvent-ils voir ce que les autres ne voient pas et guider… ?

Pour me présenter à travers mes mots, j’ai choisi ce poème, « quelques saisons », il dit bien où se cale mon esprit, entre ce qui se voit, s’aperçoit et les émotions, entre l’humain et la terre, l’ombre et la lumière…

http://leblogdhivanea.blogspot.com/2011/05/quelques-saisons.html

Merci pour ta confiance et pour ce témoignage extrêmement touchant Nathalie.

Professionnellement, Nathalie écrit des livres de mémoire, pour toutes les personnes souhaitant conserver les souvenirs de leur vie. 
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez la contacter par mail à hivanea@free.fr.

Propos recueillis par Stéphanie Del

Illustration : Aquarelle, « Souvenir d’une rencontre avec Nathalie T. » ©Stéphanie Del pour niniparisette.wordpress.com

Le génie est composé d’amour, d’enfance et encore d’amour

J’imagine cette créatrice. Elle est dans son atelier, penchée sur son « ouvrage ». Minutieuse et précise, elle modèle des petits visages d’enfants, des petites mains, des petits pieds… C’est une rencontre entre la matière et l’émotion. Un grand moment d’intimité avec elle-même.

Cette émotion naît de son amour pour les bambins et du besoin de les représenter… Au fur et à mesure l’enfant prend forme. Puis, après des heures et des jours de travail, elle finira par nous livrer le secret de son âme.

Les artistes jouent, avec insouciance, tout comme les enfants. Souvent, ils leur arrivent de jouer avec les couleurs, des tissus, de la terre… D »utiliser des tas d’objets insolites. De casser, mélanger, jeter, taper… Les mains dans la terre ils se salissent et expérimentent… vraiment… tout comme les enfants.

Ainsi, « Le génie est composé d’amour, d’enfance et encore d’amour ».

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Le travail de modelage est si finement réalisé que ces miniatures sont, dans leur genre, uniques au monde !

Site : http://www.camilleallen.com/